Seconde Chance

Autrice : Laure Lapègue
Édition : Autoédition
Date de parution : 17 juillet 2020
Genre : Suspens
Nombre de Pages :
Mon Format de Lecture : Numérique
Mon temps de Lecture : 3h40
Service Presse

Résumé

Et si vous n’aviez plus le droit de dire NON ?
Et si vous n’aviez plus le droit de racheter vos fautes, inscrites à jamais dans une base de données ineffaçable ?
Né en 2015, Simon vit dans un monde où vie personnelle et professionnelle se mêlent au cœur d’un réseau social unique et omnipotent. Lieu dans lequel l’erreur humaine et l’expression individuelle sont lourdes de conséquences.
Simon a vingt ans. Il a grandi dans ce système et en a subi la dure loi. Comment réagira-t-il lorsque son créateur en personne, lui donnera l’occasion de passer l’autre côté du miroir ?

L'autrice

Laure Lapègue vit à Bordeaux . Elle est à ce jour l’auteur de sept romans à suspense, “Comme un garçon” (2011), “La Bascule” (2013) “Mea Culpa” (2015) , “Une Vie Meilleure” (2016) “Female” ( 2017) , “Le fauteuil de César” ( 2018) et “Playlist”, sorti en Juin 2019 . Elle est depuis mars 2014 la fondatrice et dirigeante de www.booknseries.fr, le premier site de promotion et de publication en épisodes de séries et de romans à suspense indépendants . Elle est aussi conseillère en communication d’auteur.

La Chronique

Je ne sais pas tellement comment l’expliquer, mais dès que je commence à lire un roman de Laure, je me sens directement transporter dans une ambiance absolument unique. À la fois familière et étrangère, mais toujours agréable, presque nostalgique, malgré les sujets parfois difficiles qu’elle aborde toujours avec finesse et intelligence.

Seconde Chance ne déroge pas à a règle, bien au contraire. J’ai tout de suite été emporté dans cette histoire se déroulant dans le futur, mais pas trop (j’y reviendrais plus tard) et je me suis immédiatement senti attaché à Simon, un personnage touchant, aussi bien par ses forces que ses faiblesses, ses qualités et ses défauts. Laure a réussi à le rendre humain, sincère, vrai.

Dans ce récit presque dystopique, un seul réseau social a remplacé tous ceux que nous connaissons et promet un monde plus juste. Plus de trolls, plus de théories du complot, plus de dramas inutiles. Mais plus non plus de liberté et encore moins de droit à l’erreur puisque tout reste indélébile à jamais, sans droit à une seconde chance.

L’histoire se déroule donc dans le futur, mais pas dans un futur éloigné, bien au contraire. Et ce choix parfait rend l’expérience encore plus vraie et je dirai même effrayante. Pas dans le sens frisson dans le dos et scènes de terreur, non. Une peur beaucoup plus discrète, insidieuse, nous montrant des événements se trouvant dans un futur assez éloigné pour nous dire que ce n’est pas la réalité, mais assez proche pour nous convaincre que tout cela serait belle et bien possible.

Au-delà de ça, reste évidemment l’espoir, la seconde chance, qui n’arrive pas spécialement comme on l’aurait imaginée, bien au contraire.

Ce que j’aime avec les romans de Laure, c’est que je me laisse toujours avoir par ses rebondissements, ses secrets, ses intrigues et je suis toujours surpris et scotché par le dénouement de l’histoire. Même si cette fois-ci j’avais deviné pas mal de choses (en même temps elle nous avait laissé largement assez d’indices), je me suis à nouveau laissé prendre par cette fin à laquelle je ne m’attendais pas du tout. C’est tout simplement magique !

J’avoue que je n’ai pas vraiment envie de vous en dire plus sur ce roman, mise à part qu’il s’agit d’un gros coup de coeur et qu’il vous faut le lire absolument, comme tous les romans de Laure, d’ailleurs.

Pour conclure, si Seconde Chance vous fait de l’oeil, n’hésitez pas une seule seconde et allez vite vous le procurer.

Coup De Coeur

Mon Avis

Les +

  • Une histoire intéressante, à la fois lointaine, mais encrée dans le réel
  • Les personnages tous aussi captivants et vrais que les autres
  • Plusieurs pistes de réflexion très intéressantes
  • Une belle évolution des personnages, surtout le personnage principal
  • Une histoire bien menée
    Du suspens bien dosé

Les -

  • Je n’avais pas envie de terminer ce roman (comment ça c’est pas un -, ça ? 😇)

Les Citations

Un étage à peine. Lorsqu’il avait sauté de sa chambre d’hôpital, il y avait le double et il n’avait même pas réussi à se casser une jambe ! Quand on commence à tout rater, même son suicide, il faut se rendre à l’évidence : il n’y a plus qu’à attendre un miracle.

Simon faisait partie de cette fameuse génération Z. Celle qui vivait dans une forme de schizophrénie, entre désir de changement et peur d’échouer. Celle à qui on demandait de choisir son métier à quinze ans, tout en lui annonçant qu’elle n’aurait pas de boulot. Celle de la sélection déguisée derrière un masque de démagogie et de socialisme mondain. Le cul entre deux chaises. Le choix entre foncer dans l’inconnu ou piétiner d’impatience, le plus souvent chez ses parents. Entre trouver le courage d’exister ou les ressources pour survivre. Tout dépend de ce que l’on a à perdre.

Contrairement ce que l’on pense, selon la façon dont on formule les choses, un non peut se révéler être beaucoup plus engageant qu’un oui.

Le public du web était ainsi, il pouvait vous liker vingt fois par jour et ensuite vous laisser tomber sans scrupules.

S’il parvenait enfin à changer cela, Simon était convaincu que le monde s’en porterait mieux. Cliquer sur un cœur était devenu un geste bien trop désinvolte pour celui qui le faisait et bien trop important pour celui qui le recevait. Il était temps de rééquilibrer les choses.

Naître. Renaître. Courir en tête. Gagner. Perdre. Pleurer. Se relever. Perdre à nouveau. Se sentir vieux sans même avoir eu le temps d’être jeune. Et puis, un jour, sans le vouloir vraiment, se trouver peut-être.

Comment les hommes en viennent-ils à brader leurs droits, leurs valeurs, leur corps, leur âme ? Par crainte de l’exclusion ? Par frousse de manquer ? Ou peut-être, tout simplement, par habitude ?

La réalité est celle que nous créons avec notre propre conscience. Pas celle que l’on nous montre

Que l’on aime ou que l’on déteste, que l’on suive ou que l’on quitte, chaque action visible sur les réseaux sociaux devrait être assumée jusqu’au bout. Personne ne vous force à vous exprimer sur le web mais, si vous le faites, vous acceptez règles et conséquences, un point c’est tout. Et c’est cela la vraie justice. Celle du peuple face à lui-même.

AUTHENTICITY avait, peu à peu, réussi à faire de ses membres des avatars, l’image postée ayant plus d’importance que la personnalité réelle de chacun. Edward et ses équipes avaient transformé les internautes en super-héros, juste avant qu’ils ne réalisent leur subordination, sans cesse forcés de montrer patte blanche pour rester fréquentables sur le réseau social. Une perversité dont peu de gens se méfiaient au départ, ne voyant que le plaisir de se sentir moins seuls et la soi-disant transparence des informations. Par un savant calcul, les algorithmes poussaient peu à peu à mêler leur profil personnel à leur profil professionnel. À jouer cartes sur table, en toute authenticité. Même plus besoin de voler les données et de divulguer les opinions : les internautes les partageaient de leur plein gré, par souci de transparence. Remplaçant les juges, AUTHENTICITY était, depuis dix ans, devenu, à la fois l’unique réseau social mondial et le seul garant de l’intégrité de ses membres. Une dérive voulue par son créateur, un homme obsédé par la vérité.

Avancer sans fards ne servait à rien. Dans ce monde personne ne cherchait plus la sincérité. Juste la bonne posture à avoir. Grâce à AUTHENTICITY on pouvait tout se dire, tout en se mentant à soi-même. Simon le vérifiait une fois de plus. Les membres d’AUTHENTICITY étaient comme des moustiques attirés par la lumière des sollicitations, elles-mêmes poussées par des algorithmes. À l’affût de la moindre occasion de partager leurs émotions et leurs opinions, tout en gardant un profil irréprochable. Être unique, tout en restant dans le rang. Une forme nouvelle de schizophrénie.

Pourquoi à vingt ans, fallait-il être sérieux en tout, sauf en amour ?

Je ne sais pas si je saurai redémarrer une nouvelle vie papa. Je me sens si fatigué par ces vingt premières années. C’est comme si j’avais déjà utilisé toutes mes cartouches. Je me sens si inutile sur cette terre. Ce que je fais ne sert à rien. Je n’ai aucun grand projet ! La seule chose qui me préoccupe, c’est de sauver ma réputation. Et pendant que des types comme moi s’escriment à faire carrière pour exister sur le web, le monde réel crève sans que personne ne bouge de derrière son écran.

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