Le Pouvoir Ancestral

Auteur : Guillaume Guégan
Édition : Livresque Éditions
Série : La Noxiance (Cycle 1 – Tome 1/4)
Date de parution : 24/09/2018
Genre : Urban Fantasy
Nombre de Pages : 338
Mon Format de Lecture : Numérique
Ma Langue de Lecture : Français
Lecture Personnelle

Résumé

Un individu appelé l’Émissaire décime un à un les Doyens des sorciers. Ces derniers veillaient jusqu’alors sur le Pouvoir Ancestral, jadis divisé en sept fragments. Le gouvernement magique est en alerte maximale car les seuls mages capables de stopper l’ennemi sont trois adolescents de dix-sept ans : Tyler, Sam et Jarod ainsi qu’une jeune Vampire, Morsana, restée au château de ses parents depuis sa plus tendre enfance. Qui les a désignés ?

Pourquoi a-t-on choisi des Gardiens si peu expérimentés alors qu’il existe de biens meilleurs sorciers ? D’autant plus qu’ils doivent gérer les tourments du début de leur vie d’adulte. Cependant, une autre question demeure sans réponse : qui est le démon qui se cache dans l’ombre de l’Émissaire, en attendant son heure ?

Les auteur.ices

Guillaume Guegan est un geek qui s’assume. Les jeux vidéos, la littérature de l’imaginaire et les séries télé ont forgé sa personnalité. Il s’est réfugié très tôt dans l’écriture et a peu à peu esquissé l’univers de La Noxiance.

La Chronique

On se retrouve aujourd’hui avec la chronique d’un roman qui me faisait de l’oeil depuis trèèèèèèèèèèèèès longtemps, alors qu’il était encore en autoédition.

Ayant eu envie d’une lecture bien spécifique, j’ai tout simplement été demander à l’auteur (qui est tout simplement adorable et que j’aurais le plaisir de recevoir mercredi prochain en live Instagram, ne manquez pas ça ^^), si son roman correspondait à mes envies. Il s’est avéré que oui et je me le suis donc procuré immédiatement.

J’aimerais commencer par remercier Guillaume, mais aussi tous les auteur.ices ou créateur.ices en général. J’ai lu ce roman dans un moment personnel très difficile et compliqué et il m’a permis de m’échapper un peu de la réalité, pendant quelques heures au moins. C’est l’un des grands pouvoirs de la fiction et il ne faut pas l’oublier. Les romans ne sont pas que des mots écrits sur du papier, loin de là. Ce roman aura donc toujours une petite place particulière pour moi, dans mon esprit et dans mon coeur. Simplement merci.

J’avoue avoir eu beaucoup de mal à écrire cette chronique, ce qui est finalement plutôt normal vu les circonstances de ma lecture, mais je vais essayer de faire au mieux.

J’ai été embarqué dans l’histoire dès les premières pages. Une ambiance bien particulière se dégageait du texte et j’avais l’impression de me retrouver à l’intérieur d’un film génial qui allait mêler tout ce que j’aime : mystère, magie, suspens, originalité et j’en passe. Et je ne me trompais pas une seule seconde !

J’ai plutôt été surpris, je dois l’avouer, car je ne m’attendais pas du tout à une histoire comme celle-ci, aussi bien sur le fond que sur la forme. Mais c’est plutôt une belle surprise, au final. Ça m’a changé de ce que j’ai l’habitude de lire et ça fait beaucoup de bien.

La chronologie, particulièrement, est ce qu’il m’a le plus “surpris”. Je m’attendais à quelque chose de rapide et court dans le temps. Mais non, l’auteur prend son temps pour mettre en place l’histoire, les personnages, l’univers et tout le reste. Mais attention, quand je dis qu’il prend son temps, ce n’est pas du tout une critique, bien au contraire. C’est fait avec subtilité, intelligence et en faisant en sorte qu’on ne s’ennuie jamais.

Je ne suis d’ailleurs habituellement pas fan du tout des longs chapitres, mais ça ne m’a pas gêné du tout ici, je ne voyais pas le temps passer durant ma lecture. Les chapitres interludes, suivant un quatrième personnage principal, sont une très bonne idée et permettent de couper un peu avec le reste, pour mieux le retrouver.

En parlant de personnages, je dois tirer mon chapeau à Guillaume. En effet, il y en a une multitude, mais il gère tout ce petit monde avec une dextérité impressionnante. On ne s’y perd jamais et les points de vues sont parfaitement maîtrisés, nous permettant de tout comprendre sans ce poser de question et de rendre le tout très fluide et agréable à lire.

J’ai adoré le fait que les personnages de ce roman soient tous complètement différents les uns des autres. Aucun d’eux ne se ressemble et c’est ça qui est beau. L’auteur est d’ailleurs très inclusif et ça fait plaisir à lire, surtout que Guillaume arrive parfaitement à sortir des clichés et stéréotypes habituels. Franchement ça fait un bien fou ! Et je veux encore une fois le féliciter, surtout qu’il s’agit quand même de son tout premier roman !

Personnellement, j’ai eu un gros faible pour Tyler et Max, mais aussi pour Sam, même s’il était bien trop effacé à mon goût, même si c’est tout à fait cohérent avec sa personnalité.

Le réalisme de ce roman m’a également plutôt bluffé. En effet, bien que nous soyons dans un monde fantasy, tout est traité avec réalisme (bon sauf 2/3 choses qui m’ont “gênées”, on va dire, mais ça passe quand même largement, surtout avec tout le reste), aussi bien au niveau des réactions et caractères des personnages, que les événements eux-mêmes et la vie, tout simplement.

En fait Guillaume ose énormément de choses, mais arrive à rester complètement réaliste. Et surtout, il assume absolument TOUT. En effet, chacune de ses actions, chacun de ses choix ont des conséquences, tout comme dans la vraie vie, d’ailleurs. Mais c’est souvent oublié complètement ou partiellement, en fiction. On trouve toujours un twist scénariste un peu tordu pour expliquer telle ou telle chose ou pour revenir en arrière, annulant généralement toutes conséquences aux actions des personnages, ou en tous cas les conséquences les plus “ennuyantes”. Ici ce n’est pas le cas du tout et ça rend le tout très prenant et réaliste.

La fin m’a d’ailleurs beaucoup surprise, de bien des façons, mais je ne peux pas vous en dire plus pour ne pas vous spoiler. C’était spectaculaire et l’auteur ose vraiment tout, dans tous les sens du terme. Ça fait tellement plaisir !

Je vais donc m’arrêter là pour cette chronique, mais vous l’aurez compris, j’ai complètement adoré ce roman et j’ai vraiment, vraiment hâte de lire la suite, de découvrir encore plus en profondeur cet univers si riche et de retrouver ces personnages attachants et vrais. Je ne peux que vous conseiller de vous procurer ce petit bijou.

(J’en profite pour vous rappeler que Guillaume sera mon invité mercredi en live Instagram, donc si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à venir la lui poser en direct, à partir de 18h, ou ici, en commentaire, si vous ne pourrez pas être là. Dans tous les cas, ça va être très sympa et j’ai hâte d’y être !)

Coup de Coeur

Mon Avis

Les +

  • Une histoire qui sait prendre son temps
  • Une parfaite gestion des points de vue et de la narration
  • Une plume qui sait se faire oublier pour nous permettre de profiter entièrement du récit
  • Des personnages réels, vrais et qui évoluent naturellement
  • Une histoire fantasy, mais très réaliste
  • De véritables conséquences qui ne sont pas effacées par un Deus Ex Machina
  • Une histoire et des personnages originaux qui sortent des clichés habituels
  • Un univers bien construit et intrigant
  • Un auteur qui ose

Les -

  • Quelques “maladresses” scénaristiques très rares et qui ne gâchent en rien le plaisir (et qui sont même parfois impossibles à éviter)

Les Citations

Méfie-toi de ces pimbêches ! l’avertit sa mère. Elles incarnent l’homo sapiens parfait : tout ce qui ne leur ressemble pas est dangereux ou indigne de confiance.

Vivre sans avoir connu l’amour était bien plus désolant que de l’avoir perdu. « Imagine-toi sur un long chemin rempli d’obstacles qui te ralentissent : des trous, dans lesquels il ne faut pas tomber, des crevasses à franchir, des murs à escalader... Ainsi, au cours d’une vie, tu apprends à éviter les difficultés. Mais si ton propre chemin vient à croiser celui d’un autre, vous pourrez partager vos expériences afin d’affronter tous ces obstacles ensemble. Si ton chemin croise celui d’un autre, les obstacles te paraîtront moins ardus. Parce que si tu trébuches, il te rattrapera. Si tu tombes, il te relèvera. Si tu te blesses, il te pansera.”

Un super-héros n’hésiterait pas une seule seconde, affirma Tyler, à haute voix pour se donner du courage avant de déplorer la naïveté de ses paroles.

Si j’étais sûr qu’elle apaise tes tourments, j’emploierai la magie sur-le-champ, crois-moi ! Mais je n’ai pas pour habitude d’arpenter le chemin le plus facile, car tout ce qui est facile est inefficace à long terme. Si j’ôtais ces souvenirs de ton esprit, tu pourrais prendre conscience de ce qui te manque et ces lacunes te conduiraient à la folie. Ou pire, ta mémoire recréerait des images qui te submergeraient avec plus de force. On doit apprendre à vivre avec nos traumatismes. Ils nous forgent, font de nous ce que nous sommes.

Les démons sont des êtres extrêmement puissants, immortels et coriaces. C’est pourquoi les Forces du Mal fascinent beaucoup de sorciers. Il n’est pas rare que les plus jeunes d’entre nous, souvent les plus égarés, désirent s’en rapprocher. La plupart du temps, ils reviennent dans le droit chemin, mais il arrive parfois qu’une poignée de sorciers s’en écartent définitivement et s’engagent sur la route des ténèbres. C’est la plus facile à parcourir parce qu’elle n’exige aucun sacrifice ni aucune introspection.

Max semblait capable de désamorcer un peu la peine de Tyler. Comment une telle chose pouvait-elle être possible ? S’agissait-il d’une sorte de magie ? Ou l’amour avait-il le pouvoir de repousser n’importe quelle forme de chagrin ?

Plus rien ne serait jamais comme avant. C’était comme s’il savait qu’il ne ressentirait plus jamais de joie ou de peine, qu’il ne ressentirait plus rien du tout, mais qu’il continuerait de vivre, sans aucune émotion.

Je sais très bien que chacun d’entre vous serait prêt à me planter un couteau dans le dos si je ne vous apportais plus rien. Car c’est ainsi que ça fonctionne : nous nous servons les uns des autres. Au sommet, vous êtes toujours entouré. En revanche, si vous dégringolez, il n’y a plus personne pour vous relever. La clé, c’est d’avoir toujours une longueur d’avance pour éviter de trébucher.

Une fête ? Les voisins ? s’étonna Joanna. Je t’ai déjà avertie que tous ces homo sapiens ne sont guère fréquentables. Leur quotidien est rythmé par les cancans, la surconsommation et par... et par les cancans !

Jarod se retrouva seul. Il n’essaya même pas de dormir. Il ne voulait pas revivre le meurtre de Charles dans ses cauchemars. Cette nuit-là, Jarod découvrit qu’être seul dans le noir, à cogiter des heures durant, n’était pas une expérience agréable...

— Michelle... Euh, tiens... Salut ! C’est toi ? — Si c’est pas moi, c’est que ma schizophrénie s’est franchement aggravée.

Tu te rappelles quand Bugsy est mort ? Tu pleurais tellement que j’ai dû inventer une histoire. Je t’ai raconté que ton lapin avait juste pris un Vortex de Voyage pour l’Entremonde où il coulait maintenant des jours heureux auprès des Fées et des Licornes. Ce souvenir repoussa momentanément les images macabres dans la tête de Jarod. Il recouvra la parole : — Et c’était pas vrai ? s’étonna-t-il d’une voix rauque. Tu crois pas que je souffre assez pour aujourd’hui ? Pauvre Bugsy... Elena s’esclaffa avant d’ajouter : — Dommage que ces histoires-là ne fonctionnent plus. Dommage que je ne puisse plus panser tes blessures avec un baiser ou que je ne sois plus capable d’apaiser ta peine en imaginant une fiction. Tu as beau avoir dix-sept ans, tu restes mon petit garçon. Jarod évita soigneusement son regard, car il se sentait au bord des larmes.

Votre religion se prétend tolérante et aspire à aimer son prochain ? Sottises ! Chacun d’entre vous extrait ce qu’il veut des préceptes religieux pour les remanier selon ses intentions. Vous craignez la magie, mais vous vénérez un être divin que vous n’avez jamais rencontré. Vous vous trouvez charitables, mais regardez-vous, vous n’êtes que des personnes capricieuses qui haïssent tous ceux qui sont différents : les étrangers, les homosexuels, les sorciers, les adeptes d’autres religions... Vous ne valez pas mieux que les pécheurs dont vous vous méfiez. Votre texte sacré n’est qu’un amalgame de leçons de morales établies par des hommes pour des hommes.

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